Lundi 17 décembre 2007

C'est bientôt Noël

"Qu'est-ce qu'on attend pour faire la fête ? Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?"

Peut être attend-t-on qu'il n'y ai plus de misère en ce bas monde. Vous qui me lisez, si vous avez la chance de pouvoir faire la fête, n'oubliez pas ceux qui souffrent de maladie, de froid, de faim. Tous ces mal-logés qu'on chasse à coup de CRS trop bien nourris; qu'on jette à l'eau.

 

Bon ! c'est quand même Noël: alors

"Joyeux Noël à tous"

 

par Malcomrys publié dans : humeur du jour
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Lundi 10 décembre 2007

Chapitre IX

Me voilà encore seul ; Tout cela est si lourd, mais comment faire  autrement ? Ca fait deux jours que je suis à Paris, dans un petit hôtel bon marché  rue de Rennes tout près de la gare Montparnasse. J’ai toujours aimé l’atmosphère des gares, des ports aussi d’ailleurs car c’est un peu la même ambiance, on y croise toutes sortes de gens qui vont, qui viennent, qui partent ou qui reviennent de pays plus ou moins lointains.

 

 Je prends mon petit déjeuner au buffet de la gare. Le bar est situé à l’étage, là où arrivent les T.G.V., une terrasse couverte qui surplombe le rez-de-chaussée et qui est calme à cette heure matinale. En revanche en contre-bas, à l’arrivée des T.E.R. et des trains de banlieue, c’est la cohue. Des gens pressés foncent tous dans le même sens. Ils courent même sur le couloir roulant qui les amènent jusqu’au métro. Personne ne se parle, quelques-uns uns téléphonent sur leurs portables en continuant de courir. Qu’est-ce qu’ils fuient ?  que vont-ils retrouvé ? De la hauteur où je me trouve j’observe ce flot humain qui, pour l’heure, n’a plus grand chose d’humain. En quelques minutes la gare se vide et je vois les derniers globules disparaître dans le couloir du métro comme une flaque de sang épongée par le sable.

Ce matin, comme hier matin, je suis installé sur la terrasse devant un café crème et une paire de croissants frais et craquants. Devant moi j’ai ouvert le journal acheté au kiosque voisin. Ici, dans la capitale, le « Télégramme » arrive le jour même, aux aurores, comme chez nous là bas, au fin fond du Finistère. Pen ar Bed. Déjà le pays me manque. J’ai horreur des grandes villes, j’ai horreur de Paris où, au milieu de la foule anonyme, on se retrouve si seul, si abandonné, entouré d’immeubles cossus et froids. Il y manque aussi l’odeur de la mer, le ciel pommelé, le cri des mouettes et le tremblement si particulier de l’air.

Ici ça sent le gas-oil, le gaz carbonique, la sueur humaine et la crasse des trottoirs. Je pense à tout cela en prenant, dans le journal, des nouvelles du pays. Sur la Une, à gauche de la photo d’un Chirac au sourire hypocrite, un entrefilet de deux lignes en marge invite à regarder l’article en dernière page :

 « Un couple assassiné dans son appartement à Rennes »

 

  Je me rends illico à la dernière page, le cœur battant.

« Découverte macabre hier matin dans un appartement à Rennes. C’est le concierge de l’immeuble qui a découvert les corps en montant le courrier. En effet le gardien de l’immeuble monte chaque jour le courrier à une locataire du troisième qui est gravement handicapée. En franchissant le palier du second il a remarqué que la porte était entre-ouverte. Après avoir appeler en vain à plusieurs reprises il s’est décidé à pénétrer dans l’appartement où il a découvert les corps des deux occupants gisant sur le sol dans une mare de sang. Les victimes sont bien connues des services de police. La femme, une péripatéticienne qui travaillait dans le quartier des halles a été tué d’une balle de revolver en plein cœur. Quand à son compagnon, il était allongé sur le dos, un couteau de cuisine planté dans la poitrine et la tête arrachée par une balle tirée à bout portant. Il semblerait d’après les premières estimations que l’homme n’a pas succombé aux blessures faites par le couteau, mais qu’il a été achevé d’une balle de revolver. Les habitants de l’immeuble interrogés par la police ont confirmé avoir entendu des bruits de disputes et des cris mais comme c’est monnaie courante chez ces gens là ils ne se sont pas inquiétés. En revanche ils n’ont rien entendu qui pourrait correspondre à une détonation, ce qui laisse supposer que l’arme était pourvue d’un silencieux. Quant aux empreintes retrouvées sur le couteau elles appartiendraient, selon la police, à Olivier Le Pénautier recherché comme témoins dans l’affaire de la disparition de Mary Pickford, la fille du magnat de la presse britannique comme nous l’avons déjà signalé dans notre édition de la semaine dernière. Nous avons également appris que Mary Pickford n’est pas morte noyée, mais qu’elle a reçu sur le crâne un coup violent avant de tomber à l’eau, ou d’y être jetée. Le parquet de Brest a été chargé de l’enquête du meurtre de Rennes compte tenu de la connexité des deux affaires. Charles Demaison, premier substitut, demande à toute personne susceptible de fournir des informations permettant de retrouver Olivier Le Pénautier de prendre contact avec les services du S.R.P.J. de Rennes à qui a été confié les deux enquêtes. »

Suit l’adresse et le numéro de téléphone du S.R.P.J.de Rennes. Voilà qui ne va pas arranger mes affaires. Je suis dans la merde jusqu’au cou. A présent ce n’est plus un témoin que les flics recherchent, mais un suspect pour ne pas dire déjà un coupable. Et pour pimenter le tout, si les salopards qui m’ont cloqué dans le blockhaus lisent la presse locale ils vont savoir que je m’en suis sorti vivant. Va y avoir à craindre pour mes abattis.

 

En tout cas les relations du gars Hubert n’ont pas l’air bien fréquentables. Pourquoi diable ont-ils liquidé ces deux là ? Elle semblait pourtant leur faire confiance la môme crevette ! J’ai bien fait de ne pas m’attarder là bas. C’est dommage quand même d’avoir tué la fille ; elle n’était pas très belle, mais elle avait du cœur. Enfin à présent je n’ai plus de scrupule pour le fric, là où elle est elle n’en n’a plus besoin.

Ils n’ont pas parlé du portefeuille dans le journal. C’est impossible que les flics ne se soient pas rendu compte qu’Hubert n’avait pas son larfeuille sur lui. D’habitude on en fait toujours état. On dit que le vol semble être le mobile du crime. C’est bizarre quand même que le journal n’en dise pas un mot. Va falloir que je m’en débarrasse, je vais le balancer dans une poubelle, c’est trop risqué de le garder sur moi avec les papiers du gus.

 Y a pas à dire, je suis dans de beaux draps. Sans doute que les condés vont mettre un certain temps avant de comprendre ce qui relie les deux affaires entre elles. A moins qu’ils ne pigent tout de suite que étant sans un rond je me suis farci le couple pour piquer leur galette. Ils ne vont pas manquer d’interroger les autres tapineuses qui leur diront que je suis parti avec leur collègue au domicile de cette dernière. Dire qu’en fait le seul lien qui relie ces deux affaires c’est qu’à la suite de la découverte du corps de l’Anglaise je me suis trouvé dans la merde et dans l’obligation d’aller grappiller ma croûte comme un clodo au cul des camions. Et le plus con, si j’en crois le journal, c’est que je ne l’ai même pas tué le proxo. Blessé seulement ils ont écrit et c’est un autre clampin qui l’a achevé. Tu parles d’un coup de peau ? N’empêche que les cognes ne vont pas aller chercher plus loin, ils vont tout me coller sur le dos. L’affaire sera vite réglée dès qu’ils m’auront mis la main dessus. Avec mes empreintes sur le manche du couteau je ne vais pas y couper. C’est con, mais j’étais tellement dérouté que je n’ai pas pensé à les effacer. Je ne vais plus pouvoir resté en France. Si ma photo sort dans les journaux, n’importe quel patron d’hôtel pourra me dénoncer. Je n’aurais plus une minute de tranquillité. Si les keufs me serrent j’en prend pour perpette.

Il ne me reste plus qu’à gagner l’Angleterre et aller trouver le père Pickford. J’aimerai bien qu’il me cause un peu de sa petite Mary. Apparemment elle a reçu un coup sur la tronche avant de basculer au bouillon. A moins qu’elle ne se soit cogner par accident sur le bateau.

Ouais ! mais à priori on n’a pas non plus retrouvé le barlu ni le type qui naviguait avec elle. En tout cas le journal n’en parle pas. Peut être bien qu’on l’a dessoudée elle aussi la fi-fille à son papa ? J’aimerais bien avoir l’avis de son vieux. De toute façon faut que je décanille d’ici et je ne serais pas mécontent d’en connaître un peu plus sur la mouker qui m’a attiré tous ces emmerdes.

Avec le Shuttle j’en ai pour à peine deux heures pour aller à Londres. Ensuite pour contacter le milord ça va être une autre affaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Malcomrys publié dans : SPIRALE
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Lundi 3 décembre 2007

 

Chapitre III

Arrivé au sommet de la falaise je me trouve sur une route départementale. Quelle direction prendre ? Inutile de réfléchir, je ne sais pas où je suis. Au hasard je prends sur la droite et au bout de quelques minutes j’aperçois une villa en bord de route. Comme beaucoup de villas en Bretagne celle ci doit appartenir à des touristes car tous les volets sont fermés. Je franchis sans mal le portillon du jardin et trouves sur l’arrière une fenêtre qui ne possède pas de volet. Une pierre dans la vitre, j’ouvre la fenêtre et je me retrouve dans ce qui doit être une buanderie car je distingue vaguement dans l’obscurité ce que je devine être un lave linge et une table à repasser. J’actionne l’interrupteur mais que dalle ! En partant les doryphores ont coupé l’électricité. En tâtonnant dans le noir je finis par découvrir le compteur qui se trouve dans le garage et j’allume. Le garage est impeccablement rangé ; le proprio est un méticuleux du genre bricoleur si j’en juge par la présence d’un établi et d’un tas d’outils classés sur un tableau fixé au mur. Il y a en outre une planche à voile et un scooter. A l’intérieur pas de surprise, là aussi chaque fauteuil est recouvert d’une housse. Je vais être tranquille pour reprendre des forces. J’avise la chaudière : une chance elle fonctionne au gaz je vais pouvoir prendre un bain chaud sans attendre. J’allume également le chauffage central et je vais dans la salle de bain. Je fais couler un bain hyper chaud et je me coule dans la baignoire. Le pied ! je suis envahie de douceur et je m’endors dans l’eau brûlante. Je suis réveillé par le froid et je sors du bain pour me frictionner vigoureusement. Mes vêtements sont trempés et comme il s’agit d’eau salée ils ne sont pas près de sécher. Dans la penderie d’une chambre à coucher je trouve des fringues qui me conviennent à peu près. Un peu trop grandes ; c’est fou ce que les gens peuvent être grands, en tous cas bien plus grand que moi. Dans le placard de la cuisine je dégote une boite de choucroute comme là bas dis ! Je me passerai de pain. Sublime surprise, je tombe nez à nez avec une bouteille de Saint Emilion. Pas l’idéal pour accompagner la choucroute mais quand même ! J’ai tellement faim qu’après la choucroute j’avale une boite de cassoulet toulousain histoire aussi de terminer la boutanche de Saint Emilion. Il passe d’ailleurs beaucoup mieux avec le cassoulet qu’avec la choucroute. Bien repus, le moral regonflé par le Bordeaux, je dégote une couette dans un placard de la chambre et je me pieute l’esprit léger. Je ne sais pas pendant combien de temps j’ai roupillé mais quand je me réveille il fait grand jour. Je n’ai toujours pas de montre et aucune idée de l’heure qu’il fait ni du jour qu’il est. En me regardant dans une glace et à la vue de ma barbe je pense qu’il a dû s’écouler au moins deux jours depuis mon départ de la villa. Il n’a pas pu y avoir deux marées entre le moment où je me suis trouvé dans le blockhaus et celui où j’en suis sorti, ce qui donne un laps de temps de douze heures environ passé dans le fort. Il est temps de rentrer chez moi, j’en ai ma claque de cette histoire. J’ai fouillé en vain tous les tiroirs de la maison. Rien qui puisse m’être utile, même pas un peu de monnaie. C’est ça qui m’emmerde ; je n’ai plus rien, ils m’ont tout piqué : papier, pognon, carte de crédit, sac à dos, tout ! même ma montre ; Ils ne m’ont laissé que les clefs de l’appart. Le plus raisonnable serait d’aller trouver les flics pour leur expliquer ce qui m’est arrivé, mais le croiraient-ils ? Ils ne retiendront que les squats et je vais me retrouver avec des emmerdes jusqu’au cou. Non ! le mieux est de regagner tranquillement ma piaule comme si de rien n’était et de reprendre la routine quotidienne : A.N.P.E., A.S.S.E.D.I.C. et Cie. Dans une penderie j’ai dégoté un blouson en cuir, j’ai calé un vieux journal contre ma poitrine pour couper le vent, mis le casque et sorti le scooter. Une chance, même fermé à clef le garage s’ouvre de l’intérieur. Le casque et le journal me protège bien du froid, mais je n’ai pas de gants et j’ai les mains gelées car en cette fin Mars l’air est encore frais. Je dois m’arrêter régulièrement pour réchauffer mes mains sur le moteur. J’ai déjà traversé deux villages que je ne connais pas ; je ne sais toujours pas où je suis et je n’ose pas demander ma route aux passants car je ne veux pas attirer l’attention; On ne sait jamais. Enfin un bled qui me dit quelque chose et un carrefour plus loin un panneau indiquant la direction de Rennes. Ouf ! Me voici en pays connu. Aux abords de Rennes la circulation est intense. Une horloge digitale sur le pignon d’une pharmacie indique midi dix. Je me faufile entre les voitures en faisant quand même attention car je ne maîtrise pas parfaitement l’engin. Une chance, c’est juste en arrivant au coin de mon immeuble que je tombe en panne sèche. Je cloque le scooter contre le mur. Le long du trottoir d’en face dans la file des voitures en stationnement, une Laguna. A l’intérieur il y a un mec qui roupille. En arrivant dans le hall je m’aperçois que j’ai toujours le casque sur la tête. Je l’enlève et le pose au-dessus des boites aux lettres sur un tas de prospectus. Ma boite est presque vide : une lettre des A.S.S.E.D.I.C. et une de l’EDF, sans doute une facture. Je gravis l’escalier soulagé d’être enfin chez moi. A peine entré dans l’appart je ressens comme une gène. Quelque chose d’indéfinissable. J’ai l’impression que quelqu’un est venu ici ; certains objets me paraissent avoir été déplacés. Je ne le jurerai pas mais j’ai un doute. C’est comme si on avait fouillé les pièces en prenant soin de remettre les choses à leurs places. Sur la table de la cuisine il y a deux enveloppes non ouvertes. Je suis certain de n’avoir laissé là aucun courrier avant de partir et si cela avait été le cas j’aurais ouvert les lettres. Quelqu’un est venu ici. En y repensant d’ailleurs je me dis que c’est étrange qu’il n’y ait aucune pub dans ma boite aux lettres après trois semaines d’absence. Mais qui peut bien être ce quelqu’un ? Les types qui m’ont assommé ? Si ce sont eux, que cherchaient-ils ? Soudain ma joie de me retrouver chez moi s’est envolée ; je n’ai plus envie de rester ici. Je récupère une montre dans le tiroir de la table de nuit et je sors. Au moment où je ferme la porte à clef, j’entends des voix : -- On va pas prendre l’ascenseur, c’est au premier. On aura aussi vite fait de monter à pied. J’ai juste le temps de grimper un étage. Deux hommes se pointent sur le palier ; Un petit chauve et un grand brun avec un blouson en jean. Je les regarde avec étonnement ouvrir la porte de mon appartement. Où se sont ils procurés les clefs ? Ils ressortent précipitamment. Le petit est en colère : -- Qu’est ce qui fout bordel ce con d’Antoine ? Il doit encore roupiller dans la bagnole Je les entends encore discuter en descendant l’escalier : -- C’est sur qu’il est venu je te dis, il y a deux lettres de plus sur la table de la cuisine. Et ce connard d’Antoine n’a pas été foutu de nous prévenir. -- Il ne doit pas être bien loin, les lettres sont arrivées ce matin, il est donc passé en fin de matinée. -- En tout cas à présent il est peut être à l’autre bout de la ville. Je descends derrière eux jusqu’au porche d’entrée. Je les vois devant la Laguna ; le type de la bagnole est sorti pour discuter avec eux et fumer une clope. Ils discutent ferme et soudain je les aperçois qui regardent le scooter. Merde ! ils vont certainement penser qu’il est à moi et par conséquent ils vont en déduire que je suis toujours ici. Comme pour confirmer mes craintes les deux mecs de tout à l’heure se dirigent vers l’entrée de l’immeuble. Je vais me cacher dans le local à poubelles sous l’escalier. C’est pas terrible comme planque mais je n’ai guère le choix . Les deux hommes arrivent dans le couloir : -- Tiens ! le casque est là. Il s’est peut être planqué dans les étages en nous entendant arriver. Je monte voir, toi reste au premier devant sa porte. Antoine surveille la rue. S’il est toujours ici il ne peut plus nous échapper. C’est con l’histoire du scooter. Si j’avais su…… Ouais ! mais je ne savais pas. Je profite de leur présence dans les étages pour regagner la sortie, car il n’y a pas d’autre issue que l’entrée. Le troisième homme, le gars Antoine je suppose, est coincé dans un porche occupé à allumer une clope. Il me tourne le dos. J’en profite pour déquiller en courant et m’engouffrer dans une rue perpendiculaire. Je continue de courir pendant un certain temps avant de me retourner : Personne. Je suis parvenu sans trop de mal à les semer. Je ne sais pas qui sont ces gus, mais ça ne semble pas être des aigles. Il est treize heures, je vais attendre l’ouverture de la banque. A l’agence je suis connu et on me donnera du fric même si je n’ai pas de papelard.

par Malcomrys publié dans : SPIRALE
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Mercredi 28 novembre 2007

 

 

Chapitre II

Je suis allongé à même le sol et ça sent le moisi Je suis gelé, j’ai l’impression d’avoir froid jusque dans la moelle les os. Je frisonne et claque des dents ; sans doute l’effet conjugué du froid et du stress. Pour couronner le tout j’ai un mal de crane épouvantable comme si ma tête allait éclater. On m’a attaché les mains derrière le dos et lié les chevilles ; encore heureux qu’on n’ai pas eu la mauvaise idée de rattacher ces deux liens entre eux. Il fait nuit noire et seul un rai de lumière laiteuse filtre par une fente du mur située à environ deux mètres de haut. On n’y voit que dalle. Si encore j’arrivais à stopper ces maudits frissonnements qui me secouent la carcasse ! mais c’est peine perdue. Ils ont serré les cordes comme des forcenés et je ne parviens pas à bouger le plus petit centimètre autour des liens ; tout ce que je réussi à faire c’est de me faire mal aux poignets. J’appelle au secours, mais j’ai beau m’égosiller, personne ne vient. Je ne sais pas où je me trouve, l’endroit est sinistre : froid et humide et quand je crie cela résonne car ce foutu local doit être vide. Je n’ai aucune idée de l’heure qu’il est, ni même du jour d’ailleurs. Je me souviens bien de la voiture, les pas derrière moi et comme j’ai horriblement mal à la tête je pense que j’ai dû être assommé. Dieu sait depuis combien de temps je croupis ici ! Je suis épuisé ; je finis par m’assoupir. Evidemment je fais d’horribles cauchemars : des cadavres aux orbites vides me courent après en me menaçant avec des battes de base-ball et je me réveille en tremblant pour ne pas changer. La lumière qui pénètre par la fente est plus claire ce qui me permet de constater deux choses : 1) Il fait jour 2) Je me trouve enfermé dans un blockhaus Je me rendors et à mon réveil j’ai beaucoup moins mal au crâne. En revanche j’ai faim, j’ai soif et je me sens tout mou. Chaque geste que je fais pour tenter de me défaire de mes liens enfonce douloureusement les cordes dans ma chair meurtrie. J’entends au loin un bruit sourd. Je dois me trouver dans un de ces nombreux blockhaus, vestiges du mur de l’Atlantique, que les boches ont dispersés le long des côtes de Bretagne. Je parviens à me mettre debout et j’avance en sautillant pour faire une tournée d’inspection dans mon nouveau domaine. Ce n’est pas facile et c’est très angoissant car si je tombe je ne pourrais pas amortir le choc avec les mains ligotées dans le dos. Je m’arrête au bout de quelques mètres, épuisé. Je m’assieds le dos contre le mur et je réfléchis. Comment diable sortir d’ici ? Il faut absolument que je parvienne à me libérer de mes liens. En général on trouve toujours des excréments et du verre cassé dans les blockhaus. Les étrons ne me seront d’aucune utilité, mais un morceau de verre bien coupant me conviendrait parfaitement ; seulement je ne me déplace que très difficilement et on ne distingue pratiquement rien dans ce trou. Je me demande bien par où on m’a fait entrer ici ? Je me demande aussi d’ailleurs qui peut bien être ce « on » ? Ca ne sent pas la merde ici ce qui voudrait dire que l’endroit n’est pas fréquenté et que par conséquent j’ai peu de chance de mettre la main sur un tesson de bouteille. Il faut pourtant que je me débarrasse au plus vite de mes liens. Le bruit sourd de l’Océan se rapproche ; la marée doit monter. Si ce blockhaus, comme cela arrive souvent, a glissé de la dune sur la plage il va se retrouver entouré d’eau à marée haute. Il faut que je me tire d’ici rapidement. Je suis en train de réfléchir à la meilleure façon de sortir de ce trou lorsque j’entends soudain comme un bruit de frottement ou plus exactement comme une sorte de martèlement. Je tends l’oreille : pas de doute, il y a quelque part un animal qui gratte le sol avec ses pattes. Je tente de percer la pénombre, mais en vain. Le bruit provient de l’extrémité opposée et je ne distingue rien. Le soleil doit être haut à présent car le rai de lumière qui s’infiltre par la fente balaie le sol en diagonal et tout à coup une touffe de poil gris apparaît en bordure de la lumière. Deux yeux jaunes et brillants me fixent sans complexe. La bête est assez grosse, de la taille d’un matou, mais la tête plate, le museau allongé, les petites oreilles bien droites et les yeux rapprochés ne laissent planer aucun doute : c’est un rat ; un énorme rat de la taille d’un ragondin et la bête ne semble nullement effrayé par ma présence, bien au contraire, on dirait qu’elle essaie de s’approcher de moi. Je bouge et commence à me lever pour tenter de lui faire peur. Elle me fixe de ces yeux brillants sans moufter. -- Fout le camp ! allez !oust ! Rien n’y fait, au contraire l’animal s’est encore avancé davantage. Je fais un bond en avant, surpris, il disparaît. Je demeure un certain temps debout à épier dans la direction où il a fui mais je n’aperçois rien. Je me rassois car ligoté comme je suis la position verticale est pénible. Par où a-t-il pu entrer ? Il est vrai qu’il peut se contenter d’une ouverture beaucoup plus petite qu’il me serait nécessaire. Je ne le vois plus mais je l’entends : Il s’est mis à couiner. Qu’est-ce qu’il prépare ? Cette salle bête me répugne. Il continue à gratter le sol. Soudain il pousse un cri strident et au même moment je sens un choc sur mon épaule. Ce salaud m’a sauté dessus et ses griffes lacèrent ma nuque ; de ses dents pointues il me déchire l’oreille. Je pousse un hurlement que l’écho amplifie et je secoue violemment la tête et le torse. Déséquilibré il lâche prise et se réfugie dans un coin obscur. Est-il seul ? S’il a d’autres compères je vais sûrement en baver ; Pour peu qu’ils soient affamés ces salauds vont me dépecer sur place. Par prudence je préfère me tenir debout même si la position est loin d’être confortable. Je demeure ainsi adossé au mur à scruter la pièce pour parer à une autre attaque. Le rai de lumière se déplace sur la paroi et sur le sol m’indiquant la fuite du temps. Je perçois aussi de plus en plus nettement le bruit de la mer qui se rapproche du blockhaus. Je me déplace en sautillant le long des parois. Mes mouvements semblent perturber le rat car je ne le vois ni ne l’entends. Peut être est-il parti ? Les minutes passent et je distingue à présent le bruit des vagues qui viennent lécher le mur du blockhaus. Je crois avoir fait le tour de la pièce et je n’ai découvert aucune issue. Par où m’a-t-on fait entrer ici ? Je me demande jusqu’à quelle hauteur la mer peut monter. Si elle atteint la hauteur de la fente le blockhaus va être inondé. Quelque chose s’agrippe à mon pantalon ; le rat est repassé à l’attaque. Ficelé comme je le suis j’ai bien du mal à le faire lâcher prise et je finis par tomber à terre en l’écrasant. Il se sauve en courant. Si je n’étais pas attaché je l’éclaterais volontiers à coups de pied. Je l’entends gratter quelque part dans l’ombre. Pour plus de sécurité je me place au centre du rai de lumière, ainsi j’aurai la possibilité de le voir arriver. En effet il ne tarde pas à se manifester à nouveau ; à peine me suis-je installé (il est vrai que je me déplace lentement) que je vois pointer le museau en pleine lumière. Il semble hésiter. Il recule, il avance, biaise à droite, puis à gauche et sans en avoir vraiment l’air gagne petit à petit du terrain. Alors il me semble voir double : Un deuxième museau apparaît. L’animal n’est plus seul. Ils ont une technique bien rodée ; ils s’écartent l’un de l’autre de façon à attaquer de deux côtés à la fois. Pour le coup je vais avoir de sérieuses difficultés pour m’en débarrasser. Je sautille car j’ai remarqué que les mouvements saccadés les inquiète, en tout cas ça perturbe leur approche. Au début ça marche bien mais je fatigue et j’ai l’impression que c’est ce qu’ils attendent. Ils voudraient me voir à terre, je deviendrai une proie plus facile. A présent ils se déplacent rapidement dans tous les sens et je ne parviens plus à suivre leurs mouvements. Au moment où l’un des deux accroche le bas de mon pantalon, son compagnon, ou sa compagne, je n’ai guère eu le loisir de faire la différence, me saute dessus par derrière et me croche le mollet. Je suis déséquilibré car la surprise m’a fait faire un faux pas. Je roule à terre et ils en profitent pour me sauter au visage. Je hurle et secoue la tête. Je parviens à m’en dépêtrer et à me relever. Je saigne et l’odeur du sang les excite davantage. Je continue de sautiller en criant du plus fort que je peux. Ca paraît les calmer, en tout cas ils ont reculé. On entend à présent les vagues qui cognent contre les murs du blockhaus et l’eau suinte à l’intérieur ; le sol devient humide. Les rats se font plus pressants, ils me harcèlent sans trêve. Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir tenir ainsi, mais le temps passe et je suis toujours debout. Le bruit sourd du choc des lames sur le blockhaus retentit lugubrement. Des embruns fusent par la fente en m’éclaboussant. Bientôt ce ne sont plus des embruns mais des coulées d’eau qui pénètrent par cette fente. Les rats paraissent inquiets ; ils sont devenus moins agressifs. Ils me montrent une dernière fois les dents et disparaissent en courant à l’autre bout de la pièce. Je ne les vois plus. Sans doute que la montée des eaux y est pour quelque chose. En effet la fente dégueule son eau à flot régulier et j’ai de l a flotte jusqu’aux chevilles, puis jusqu’à la taille. Le rai de lumière a disparu et l’eau s’engouffre à gros bouillon dans le blockhaus. Je me demande où ont bien pu passer les rats. Ce sont des habitués des lieux et ils connaissent très certainement les sorties. Dehors ça doit piauler dur ; le vent hurle en se déchirant sue une mer en colère et la flotte rentre avec force en secouant l’eau dans le blockhaus. La marée a atteint la hauteur de la fente et ce ne sont plus simplement les vagues qui pénètrent dans la pièce mais c’est la mer tout entière qui s’engouffre sans retenue dans le blockhaus. Ca monte à une rapidité vertigineuse et je n’ai bientôt plus pied. Tant bien que mal je fais la planche pour éviter de mourir noyé. Les salauds qui m’on enfermé ici connaissaient leur affaire ; je ne vois pas comment je vais pouvoir m’en sortir. Au fur et à mesure que l’eau monte, l’air se raréfie et je peine d’autant plus à trouver ma respiration que la trouille me fait battre le cœur à cent à l’heure. Je suis balancé d’une paroi à l’autre par le mouvement ondulant de l’eau. A un moment donné ma tête heurte quelque chose de proéminent. Après quelques tâtonnements laborieux je devine qu’il s’agit d’un barreau de fer scellé au mur. Il doit y en avoir d’autres pour former une échelle ; la sortie est par le haut. Je m’efforce de rester en contact avec ce côté de la paroi, mais ce n’est pas un exercice facile car les ondulations de l’eau m’éloignent et me rapprochent sans que je puisse savoir exactement où je suis car il fait nuit à présent. Soudain mon visage touche quelque chose de dur et mon sang ne fait qu’un tour : J’ai atteint le haut du blockhaus et dans quelque temps l ‘air va manquer. Je vais crevé ici comme un rat, noyé dans la flotte. Je me tiens debout dans l’eau, le dos tourné au mur, essayant de saisir un barreau avec mes doigts. Je suis trop ballotté pour y parvenir et je sens ma dernière heure arriver. Je réussis enfin à tenir le barreau, je m’arque boute en prenant appui avec les pieds sur le barreau du dessous et je pousse de toutes mes forces, le sommet du crâne contre le plafond. Rien ne bouge. Il doit pourtant bien y avoir une trappe bordel de merde ; cet escalier mène bien quelque part ! Je finis par trouver l’ouverture, sans doute une plaque de fonte. Putain que c’est lourd ! Je parviens à la soulever quelque peu mais la poussée m’envoie dans les profondeurs de l’eau. Je bois le bouillon, l’eau salée me brûle la gorge, mais j’arrives à remonter. Je manque d’un appui stable. Il y n’y a presque plus d’air et quand le sommet de mon crâne touche le plafond, l’eau m’arrive au menton. Il va falloir faire vite, je n’ai pas le choix. Soit l’eau continue à monter et je meurs noyé, soit elle redescend et je ne pourrais plus sortir d’ici. Je serre les dents et pousse avec l’énergie du désespoir sur cette saloperie de plaque qui pèse une tonne. Elle bouge et de la tête je la pousse un peu sur le côté. L’effort m’a déséquilibré et je plonge à nouveau dans les profondeurs aquatiques. Si je m’en sors c’est pas demain la veille que je prendrais un bain de mer. Cette fois il faut que j’y arrive, c’est ma dernière chance car l’eau continue de monter. Un dernier effort et la plaque glisse en ouvrant un espace suffisant pour me permettre de sortir la tête. Je peux alors respirer à pleins poumons et contempler le paysage. Il fait nuit mais la lune éclaire suffisamment pour se repérer . Le blockhaus est situé dans une crique au pied d’une falaise d’où il a dû basculé à cause de l’érosion. Il est entouré d’eau et dans un instant il va être recouvert par les flots. Le vent arrache des lambeaux d’écumes qu’il m’envoie en pleine figure. De l’épaule j’écarte la plaque pour faciliter le passage du corps et j’attends ; j’attends que l’eau monte suffisamment pour m’expulser de ma prison. Une fois sorti je laisse les vagues me pousser jusqu’à la grève où je parviens exténué et complètement gelé. Je me traîne sur le sable hors de portée des vagues. Je ne suis pas encore sorti d’affaire car ligoté comme je le suis je ne pourrais jamais gravir la petite falaise qui domine la plage. Après avoir repris mon souffle je sautille en direction de la falaise et je finis par trouver ce que je cherchais : un tesson de bouteille ; Je vais enfin pouvoir me libérer de mes liens. Ce n’est rien que de le dire. Il n’y a que dans les films et dans les bouquins que les héros réussissent sans problème ce genre d’exercice. Essayez donc un jour où vous serez désœuvré et que vous n’aurez rien d’autre à faire, essayez donc de couper avec un morceau de verre la corde qui vous lie les poignets dans le dos. Pas coton, pas coton du tout surtout si en plus vous tremblez de froid. Enfin après un temps qui m’a paru très long et plusieurs entailles aux poignets, je parviens à me libérer. Le sang se met à circuler normalement et les doigts me piquent : c’est l’onglet. Impossible dans de telles conditions de libérer mes chevilles, je dois attendre que ça se passe et ça finit par passer. Je libère mes chevilles.J’ai faim, j’ai froid, je suis trempé, je n’ai pas la plus petite idée de l’endroit où je me trouve, mais je suis libre de mes mouvements et je grimpe la falaise en empruntant le petit chemin de randonné tracé entre les herbes rases et les ajoncs.

par Malcomrys publié dans : SPIRALE
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Samedi 24 novembre 2007

Chaque jour qui commence est une offence à la raison

 

 

 

Vous qui, pour le moment, le pouvez encore, soulagez les plus démunis. Ne vous inquiétez pas inutilement du sort des riches; Sarkozy et son gouvernement se chargent de leur faire de magniphiques cadeaux

 

Selon vous, à quoi peut bien servir l'augmentation du salaire de Sarkozy ?

 

1°) A égaler les salaires des autres chefs d'Etat

 

2°) A payer la pension de Cecilia

 

3°) A procurer à Sarko une somptueuse retraite

 

A vos commentaires !

par Malcomrys publié dans : humeur du jour
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Jeudi 22 novembre 2007

Chapitre I

Moi j’étais au courant de rien ; De presque rien. Ce que je savais je l’avais appris par les journaux : « Mary PICKFORD, la fille du magnat de la presse anglaise a disparu lors d’une croisière en bateau avec son compagnon. Son père, veuf depuis dix ans et dont elle était la fille unique est sans nouvelle depuis trois semaines. Alertés, les services de gendarmerie ont entrepris, avec le concours des affaires maritimes, d’écumer la côte depuis Port Maria dans l’îlot de Malestroit où le couple a été aperçu pour la dernière fois jusqu’à l’Aber Wrach qui était leur destination suivante. Mais nous sommes toujours, au moment où nous imprimons le journal, sans nouvelle du voilier qui semble avoir disparu corps et bien. Le commandant de la brigade de recherche de la Gendarmerie de Brest nous a déclarés…….. » Ce qui m’avait frappé c’est la dernière escale connue avant la disparition du couple : Port Maria ; un îlot à quelques encablures de la côte que je peux apercevoir à la jumelle depuis la terrasse de la villa. La villa, je la squatte depuis début Mars. Après huit mois de chomdu j’en ai eu ma claque de galérer en ville avec pour seul horizon les murs gris de l’A.N.P.E. et des A.S.S.E.D.I.C., je voulais changer d’air et j’avais repéré cette villa bâtie au sommet d’une falaise face à la mer et située à l’écart du village et des autres habitations. Elle est ceinte d’une haute haie de troènes sur trois côtés, le quatrième faisant face à la mer que le jardin domine d’une centaine de mètres. Un escalier rudimentaire et pentu taillé à même la roche donne accès à la grève. Une fois entrée dans la propriété on se trouve à l’abri des regards indiscrets. Je sors que très rarement pendant la journée, seulement lorsque cela s’avère nécessaire une fois la semaine pour me rendre au village voisin faire des courses et acheter le journal. Tôt le matin et le soir au soleil couchant je descends me promener sur la grève ; Le reste du temps je le passe à flemmarder allongé dans un transat sur la terrasse quand il fait beau, dans un fauteuil relax à l’intérieur quand il pleut ou quand il vente, ce qui est le cas depuis trois jours à l’approche des marées d’équinoxe. Je bouquine beaucoup ; il y a des tas de bouquins dans la turne. En fait je suis le roi du pétrole et j’ai fini par oublier les galères du chomdu. Ici je suis pénard, personne ne vient m’emmerder. Cette piaule doit appartenir à des bourges parigots qui viennent y passer les vacances d’été. Quand je suis arrivé ça sentait le renfermé et il y avait des housses sur tous les fauteuils. Je peux rester ici jusqu’en juillet, je suis certain que personne ne viendra avant les vacances. Malgré la tempête je m’astreins à faire chaque matin et chaque soir ma promenade. En ce moment ça souffle fort ; A la radio ils ont annoncé un avis de coup de vent de force neuf ce qui donne des vents de plus de cent kilomètres heure. Ce matin j’ai été douché et mon ciré était encore trempé quand à vingt heures j’ai enfilé les bottes que j’ai trouvées dans la remise ; elles sont un peu trop grandes pour moi mais elles montent haut et me protègent bien de la pluie. le ciel était bas, les nuages passaient à une vitesse affolante et il faisait déjà presque nuit Le vent soufflait par rafales et poussait sur la plage des rouleaux écumants qui venaient s’écraser dans un bruit retentissant . Le sable était couvert de goémon arraché aux grands fonds par la tempête et d’un tas de détritus que l’Océan a déposé un peu partout sans se soucier des conséquences. J’avançais courbé en deux , luttant contre le vent et les embruns ont tout de suite brouillé mes lunettes ; je n’y voyais presque plus dans cette demi-obscurité. Au large je devinais plus que je ne les apercevais les éclats rouges du phare de Malestroit qui signale les hauts fonds entre l’îlot et la côte. Avec ce temps de chien il n’y avait personne sur la grève et malgré le froid je continuais de marcher dans un sable mouillé qui collait aux bottes et rendait la progression pénible. J’avais parcouru environ les deux tiers de la plage quand je l’aperçus à quelques pas devant moi. Je n’avais rien distingué auparavant car avec cette pluie et ce vent je marchais la plupart du temps la tête baissée. Il n’est pas rare que s’échouent par ici des billes de bois ou des cétacés blessés dans les filets des pélagiques. Je m’approchais mais ne distinguais rien de précis car le varech avait tout recouvert et ce n’est qu’après avoir retiré une partie du goémon que je pus apercevoir le visage. Ca n ‘était pas beau à voir : c’était bouffi, couleur lie de vin et les orbites vides et purulents me fixaient comme deux portes béantes ouvertes sur l’enfer. L’effroi me cloua sur place, je ne savais plus si c’était de peur ou de froid que je tremblais et puis c’est venu d’un coup, ça remontait du fond des tripes. J’ai vomi un bon paquet de bile sur le sable. Je savais que je ne pouvais pas rester indéfiniment à contempler le cadavre mais mes jambes flageolaient et je suis resté scotché là comme un con. Je n’avais aucune notion du temps qui passait et je ne sais pas combien de temps je suis resté ainsi auprès du corps. Quand j’ai enfin réalisé ce qui se passait j’ai poussé un grand cri et je suis parti en courant vers la villa. J’ai gravi quatre à quatre l’escalier de roche et suis arrivé essoufflé sur la terrasse. Après avoir essuyé mes lunettes j’ai jeté un coup d’œil en direction du cadavre. Il y avait une silhouette là bas auprès du corps. Mais était-ce une silhouette ? Il faisait sombre et le soir tombant rendait les formes incertaines ; Mon imagination faisait le reste. Peut être n’était-ce qu’un gros goéland ou simplement un effet de mon imagination exacerbée par la découverte que je venais de faire. Voilà où j’en suis. Je n’ai pas pu dîner ce soir ; je ne peux pas lire non plus, je suis trop énervé. Je ne peux pas m’empêcher d’aller sur la terrasse bien que la nuit soit tombée et que l’on ne distingue plus rien hors mis les éclats du phare de Malestroit. Y avait il vraiment quelqu’un sur la plage près du cadavre ? Ai-je rêvé ? Je ne sais plus ! Ce qui est certain en tout cas c’est que je ne vais plus pouvoir rester ici. Dès que le corps aura été découvert la poulaille va grouiller partout comme à Houdan un jour de foire. Je ne vais même pas pouvoir attendre demain avant de déguerpir. La villa est la seule dans le secteur et domine la plage ; c’est le premier endroit où vont venir les flics. Je n’ai plus qu’à faire mes bagages et à me tirer d’ici au plus vite. Merde ! quelle poisse ! J’ai pris un torchon dans la cuisine et j’ai commencé à effacer mes empreintes. Au bout d’une demi-heure je me suis rendu compte de l’inanité de mon geste. Des empreintes j’en ai laissé partout et c’est complètement irréaliste de vouloir les faire toutes disparaître. J’y arriverai jamais, de plus je n’ai encore jamais eu de démêlé avec la justice, donc les poulets ne possèdent pas mes empreintes et ne pourront par conséquent pas faire de rapprochement. J’ai laissé tomber le torchon, j’ai bouclé mon paquetage dans mon sac à dos et je suis sorti. La pluie a cessé et les nuages, moins denses et chassés par le vent, laissent apparaître par instant un clair de lune qui illumine la campagne. Je suis parti à l’opposé du village, je ne veux pas prendre le risque d’être repéré. Par ce chemin il va me falloir plusieurs heures avant d’atteindre une gare, mais c’est la solution la plus sûre. Ca fait plus d’une heure que je marche sans avoir vue âme qui vive. Je ne cesse de penser au cadavre : depuis quand est il sur la plage ? Il a fait si mauvais ces temps ci que je ne suis pas allé au bout de la grève depuis trois jours. Vu l’état dans lequel il se trouve le corps est peut-être là depuis un bout de temps déjà et personne ne l’a repéré. Par le temps qu’il fait y a pas bésef de monde à arpenter la grève; De plus le goémon recouvrait le corps, il a très bien pu passer inaperçu. J’ai peut être eut tort de foutre le camp si vite en pleine nuit. D’un autre côté si quelqu’un le découvre demain il vaut mieux que je sois loin : Comment expliquer ma présence à la villa ? J’en suis là de mes réflexion lorsque j’entends le ronronnement d’un moteur assez loin derrière moi. Au bruit je comprends que la voiture roule au ralenti. Ce n’est pas le moment de me faire repérer ; j’attends un peu et je me planque dans le fossé dès que j’aperçois la lueur des phares. Une grosse berline de couleur sombre passe à faible allure. Je la laisse s’éloigner avant de reprendre mon chemin. Le bruit du moteur s’estompe dans la nuit et le calme revient. Je continue de marcher en réfléchissant à la situation. J’ai encore un bon bout de chemin avant d’atteindre le chef lieu de canton où se trouve la gare, en espérant que je ne me paume pas sur ces routes de campagne. Quelque part j’entends l’ululement d’une chouette et la lune au même moment me fait un petit clin d’œil entre deux nuages. Je marche encore environ une heure. La pluie a totalement cessé et le vent est tombé. Au ciel les étoiles brillent et la lune éclabousse la campagne. Soudain j’aperçois, dissimulée dans un sous-bois, la masse sombre d’une voiture. Il me semble qu’il s’agit de la voiture qui est passée tout à l’heure. Peut être des amoureux en train de faire leur affaire. C’est sans doute pour cela qu’ils roulaient doucement : ils cherchaient un coin pénard pour garer leur caisse. Il est trop tard pour faire demi tour ; Il n’y a plus qu’à espérer qu’ils soient suffisamment occupés pour ne pas apercevoir ma silhouette. J’accélère pour diminuer les risques d’être repérer et à ce moment j’entends des pas derrière moi. Je n’ai pas le temps de me retourner ; je ressens une violente douleur à la tempe……….. et puis plus rien.

par Malcomrys publié dans : polars-aux-ides
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Samedi 17 novembre 2007

 

J'ai décidé, avec l'aide de la déssinatrice Béa de mettre Spirale en BD.  Voici, pour commencer, deux planches extraites du story-book. J'aimerai avoir votre avis. Merci d'avance

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Malcomrys publié dans : polars-aux-ides
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Jeudi 31 mai 2007

LES DEMOISELLES DE MAUPERTUIS

ENFIN DISPONIBLE CHEZ: www.lulu.com/fr en version livre ou téléchargement

 

"Melchior Rosenthal, inspecteur au S.R.P.J. n'a pas la réputation d'un fin limier. Ce qu'il aprécie entre tout c'est se la couler douce chez Maud, le bar à hotesses, ou chez Eugène, sa cantine préférée. Aussi lorsque Grandjoint, le Divisionnaire, lui confie l'enquête sur la mort de la comtesse de Maupertuis, est-ce avec circonspection et sans forcer qu'il se met au travail. Et le voila plongé dans un imbroglio politico mafieux qui va le contraindre à changer quelques peu ses habitudes."

par Malcomrys publié dans : polars-aux-ides
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Samedi 14 avril 2007

Moi je ne demandais rien à personne, mais quand le corps de la nana s'est échoué sur la plage j'ai dû quitter la villa que je squattais. Après les emmerdes se sont précipités et je me suis trouvé aspirer dans une spirale sans fin. Je n'ai jamais trop bien compris à quoi servaient ces différents services de police, mais je me suis très vite aperçu qu'ils en avaient tous après ma pomme. Vrai ! Personne n'aurait parié un kopeck sur ma peau.

Pour suivre les aventures d’Olivier rendez vous chez

www.lulu.com/fr

où Vous pourrez télécharger l’histoire entière ou acquérir la version livre
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Jeudi 22 mars 2007

Recueil de nouvelles enfin disponible chez LULU. Du suspense, des enquêtes policières, des phénomènes pour le moins étranges. La mort rode, invisible, froide comme la bise d’hiver ; Elle glace le cœur des hommes, attise leurs pulsions, les pousse au désespoir et au crime.

www.lulu.com/fr

par Malcomrys publié dans : polars-aux-ides
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